Thème " Problèmes publics, articulation des rapports sociaux et prévention face aux inégalités en éducation " (PARSIE)

Publié le 21 février 2012 Mis à jour le 10 juin 2020

Les recherches menées au sein du thème Problèmes publics, articulation des rapports sociaux et prévention face aux inégalités en éducation s'attachent à saisir la construction des problèmes publics et sociaux en éducation. Elles cherchent à identifier et analyser les modalités de désignation, de prise en charge, de prévention de ces objets, en lien avec les inégalités de classe, de “race”, de sexe, de genre et leurs articulations. Le thème souhaite en effet développer une approche intersectionnelle dans l’étude des rapports sociaux, notamment en lien avec le chantier transversal « Migrations, discriminations et intersectionnalité » défini pour l’actuel mandat du LIRTES

Projet du thème Problèmes publics, articulation des rapports sociaux et prévention face aux inégalités en éducation (PARSIE)

Objets et champs investigués :

Au sein des pratiques éducatives, des pratiques sociales et en lien avec leurs transformations, la question des inégalités est abordée à partir de l’enjeu de ses formes de production et de reproduction, de la manière à partir de laquelle elles se fabriquent et se reconfigurent, Les problèmes publics sont saisis au regard des parcours et des pratiques sociales qui construisent l’expérience des acteurs et des actrices. Ils s’inscrivent dans des contextes historiques, politiques et sociaux plus larges qui définissent les conditions de leur production (Gilbert & Henry, 2012). La prévention est envisagée comme une production sociale qui renseigne sur les modalités de désignation, de prise en charge et de traitement d’un certain nombre de problèmes sociaux en lien avec des questions d’éducation ou traitées dans des structures éducatives. Ce thème s’intéresse donc autant à la prévention par elle-même qu’aux structures et dispositifs de la prévention.

La déclinaison du projet du LIRTES dans le thème PARSIE prend la forme d’un ancrage fort des recherches dans les territoires et notamment l’est francilien. Le thème a pour objectif général de penser et analyser ensemble les objets, acteurs et pratiques et la manière dont ils se déclinent du local au global selon une démarche itérative « bottom-up » et « top-down ». Ses membres s’intéressent particulièrement :

- À l’exploration du lien entre expertise, évaluation des politiques publiques et des pratiques des acteurs et actrices ;

- À la dynamique du débat scientifique sur les politiques et les problèmes publics ;

- À l’évolution et l’innovation des protocoles de recherche.

Ancrages théoriques et épistémologiques :

Les problèmes publics sont abordés dans nos travaux sous l’angle de nouvelles problématiques éducatives (NPE), qui désignent des objets perçus comme des problèmes nouveaux (bien qu’ils ne le soient pas toujours) dans le champ éducatif, en ce qu’ils perturbent ou questionnent ce qui est catégorisé comme le fonctionnement ordinaire des institutions, qu’elles soient éducatives ou sociales, et/ou remet en cause leurs fonctions sociales élémentaires. Il s’agit, dans une perspective pragmatique, de reprendre les formes de perceptions des acteurs sociaux, et de les considérer comme un élément signifiant et même constitutif de la notion. Ainsi, l’idée que ces phénomènes sont récents et participent d’une reconfiguration des contextes sociaux est centrale dans l’émergence de ces questions comme problèmes publics d’une part, mais aussi dans l’impératif d’action et de prise en charge dont ils rendent compte. Les chercheurs et chercheuses de ce thème s’intéressent tant au sens et à l’expérience qu’ont les acteurs et les actrices de ces problèmes, qu’à leur temporalité d’émergence et de dissolution, aux liens entre médiatisation, travail militant et mise à l’agenda politique, aux répertoires et à la cartographie des actions menées, aux termes du débat et aux registres argumentatifs mobilisés, ou encore aux effets politiques, sociaux de ces problèmes (Cefaï & Terzi, 2012).

Par exemple, les travaux sur le décrochage scolaire, l’enfance en danger, les expériences de minorations, les inégalités en éducation, les violences scolaires, qui sont interrogés au regard des discriminations ethnoraciales, sexuées, genrées, et selon l’orientation sexuelle, les registres de pratiques et les modalités de prévention auxquels ils renvoient, les politiques et dispositifs qui les travaillent, sont quelques-uns des objets étudiés dans ce thème. Ces objets sont appréhendés dans des champs disciplinaires variés, et en fonction d’un rapport aux usages différenciés de la science. Face à la tendance à la psychologisation des problèmes éducatifs et une vision qui instrumentalise la science, ce thème les aborde en cherchant à interroger la tendance à leur réification, à une naturalisation des problèmes sociaux et à une essentialisation des populations qui en font l’expérience. Notre souci est d’interroger des questions socialement vives émergentes et politiquement connotées.

Le rapport aux terrains et à l’appropriation par les terrains de ces recherches, sont une préoccupation constante de leurs modes de production (co-élaboration, recherches participatives, action par la recherche), de diffusion (ancrage territorial, transcription des résultats de la recherche dans des dispositifs de formation dédiés...), de valorisation (participation au débat public, développement de supports pluriels...). Ces questions sont abordées à partir du croisement de méthodologies quantitatives et qualitatives, en privilégiant aussi l’ouverture et l'expérimentation autour de nouvelles formes d’enquêtes valorisées en particulier dans les démarches de recherches collaboratives.

Les orientations opérationnelles du thème s’organisent autour de 4 axes :

  • Étude des publics et identification des problèmes en éducation : refuser la réification ;
  • Cartographie des institutions et des métiers pour l’enfance et la jeunesse : entre pesanteurs et plasticité ;
  • Connaissance et étude des politiques publiques, des programmes, des pratiques enseignantes et éducatives et de leurs effets : analyse des formes de prévention primaire et secondaire et de leurs transformations ;
  • Enfin, la nécessité de la comparaison et des collaborations internationales nous apparaît fondamentale, à travers une démarche de mise en perspective des données locales au regard d’autres contextes à l’international.

Mots-clés : problèmes publics et sociaux, inégalités en éducation, articulation des rapports sociaux, nouvelles problématiques éducatives.