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AMRANI Chahrazad

Doctorante en sciences de l'éducation

Publié le 1 décembre 2016 Mis à jour le 12 avril 2018

Sujet de thèse: "La kafâla marocaine en France, une forme de parenté à reconnaître"
Direction de thèse: Claudine Dardy et Claire Cossée

carré couleurTitre de la thèse
"La kafâla marocaine en France, une forme de parenté à reconnaître"

carré couleurDirection de thèse
-Claudine Dardy
-Claire Cossée

carré couleurSection(s) de CNU
19 - 12

carré couleurDate prévue de soutenance
Octobre 2019

carré couleurDiscipline(s) de référence
Sociologie, anthropologie

carré couleurCadre(s) de référence
Anthropologie de la parenté, sociologie du droit, sociologie de la religion

carré couleurMéthodes  privilégiées
Enquêtes de terrain ethnologique, entretiens semi-directif, récit de vie, observations de groupes, comparaisons interculturelles

carré couleurTerrain(s) d’étude
-Terrain français : Association kafâla.fr, kafîls Français, institutions (Conseils départementaux, Ministère de la justice)

-Terrain marocain : Institutions en lien avec l’enfance abandonnée, association de parents kafîls, association en faveur de l’enfance abandonnée

-Terrain belge : Dans un contexte où la France fait figure d’exception en Europe en matière de kafâla, il semble important d’étudier le cadre légal belge et d’interroger les kafîls Belges.

carré couleur Mots clés
Kafala, adoption hors norme, filiation sociale, adoption sans filiation, parenté élective

carré couleur Résumé de la thèse en cours
La France, dans le cadre d’un conflit de loi, interdit l’adoption d’un enfant dont la loi d’origine prohibe cette institution (loi du 6 février 2001 article 370-3). Le Maroc, pays de droit islamique n’autorise pas l’adoption telle qu’elle est définie en droit français, pour lui substituer une forme de recueil : la kafâla. A la différence de l'adoption, la kafâla ne crée pas de lien de filiation entre le recueillant (kafîl) et l'enfant recueilli (makfûl).

Par ailleurs, le contexte de l’adoption nationale ou internationale ne permettant pas à tous les prétendants à l’adoption d’être satisfait, la kafâla séduit de plus en plus. En effet, un nombre croissant de candidats Français à l'adoption (issus de l’immigration et/ou de confession musulmane), choisit le Maroc pour recueillir par kafâla. Cependant malgré un nombre croissant de kafâla, les lois autour de cette forme de recueil n’ont cessé de se durcir.

Si la kafâla n’est pas une adoption, les prétendants à la kafâla doivent pourtant, sur demande des autorités marocaines, obtenir un agrément d’adoption ou un avis favorable à une évaluation sociale afin d’entamer leurs démarches sur l’autre rive de la méditerranée. Ils sont confrontés à une disharmonie de traitement selon leur département. Les services d’adoption des départements, services de l’État chargés, en amont, d’évaluer la faisabilité d’un projet d’adoption se distinguent en matière de kafâla. Effectivement, la kafâla est parfois perçue comme une transgression des normes de la filiation et de l’adoption pour certains.

Les difficultés administratives rencontrées par les kafîls dans leur procédure et le vide juridique autour de la kafâla engendré par l’article 370-3 du code civil amènent à se questionner sur la construction sociale de la filiation chez « ces adoptants » d’un nouveau genre.

Cette thèse a pour objet une forme de filiation sociale particulière. Elle vise à comprendre comment la législation en matière de kafâla est mise en œuvre notamment à travers les différences de pratique administrative des travailleurs sociaux des départements (service adoption de l’aide sociale à l’enfance). Elle observe les usages différents de la kafâla dans l'interprétation juridique et religieuse. Elle examine, auprès des kafîls français les processus de construction des identités, à travers différentes manières de penser et de créer les liens de parenté.

Cette thèse consistera à apporter une lecture anthropologique des normes et représentations de cette forme de parenté. Il s’agira de réinterroger la place et le sens de celle-ci dans un contexte où les adoptions internationales ne cessent de diminuer et d’interroger la façon dont un cadre légal et des pratiques administratives peuvent influencer les choix des acteurs et les inviter à tout un travail de composition entre leurs identités multiples.

carré couleurPublications, communications et réalisations issues de la thèse 
Communications
-Delaquys, I., Jamil, A., Amrani, C., Bourzoufi, S., Damy, M., & Kaouachi, S. (2017). Grands enjeux du monde euro-méditerranéen. La kafala, une non adoption, les difficultés de recueil de l’enfant en France, Colloque « Kafîls et makfûls, comment faire famille en France ? », Bordeaux : Pôle juridique et judiciaire de l’université de Bordeaux, 5 octobre.
-Verseils, P., Jamil, A., Amrani, C., & Gutmann, J-F. (2017). L’engagement social des religions, Colloque « La kafâla en France : un acte religieux ? », Paris : Sciences Politiques Paris, 20 novembre.
-Amrani, C. (2016). Sujet de recherche et terrains de recherche : quand l’actualité dévoile de nouvelles pistes. Séminaire « Enquêtes » de l’école doctorale Cultures et Sociétés « Postures de chercheur, enjeux méthodologiques et construction de l’objet de recherche ». Créteil : UPEC, 8 février.
-Amrani, C. (2015). L’ethnographie du virtuel : terrain d’enquête à part entière ou prémices de l’enquête sur le terrain ?, Séminaire transversal du LIRTES «  Quels terrains ? Les multiples acceptations de la notion et son actualité ». Créteil : UPEC, 15 décembre.

carré couleurEnseignements
-Licence 1 Sciences de l’éducation – Projet Professionnel Personnalisé – 12h (2 groupes)
-Licence 3 Sciences de l’éducation – Méthodes en Sciences Sociales – 42h